Les faisans et les paons
Le livre sur les faisans & les paons
L’auteur, Jean-Claude Périquet est président de la Fédération française des volailles, fédération qui regroupe les éleveurs de volailles de basse-cour mais aussi les éleveurs de faisans et d’aquatiques d’ornement. Il a élevé une dizaine d’espèces de faisans.
Son expérience avait déjà été transmise dans un premier ouvrage paru aux Editions Rustica en 1996. Ce dernier, devenu introuvable, était réclamé par de nombreux éleveurs. Si bien que l’auteur a décidé d’écrire un nouvel ouvrage : il se base sur l’ouvrage précédent mais tellement de choses ont été modifiées que, finalement, c’est un ouvrage entièrement nouveau !
Une grande place a été faite aux illustrations : plus de 450 !
Pour chaque espèce, l’auteur donne un portrait détaillé, un descriptif de son habitat, de ses conditions de vie dans la nature et de ses moeurs, l’histoire de sa découverte et de son introduction en Occident, ainsi que des conseils d’élevage. Le tout dans un langage clair et pédagogique.
Caractéristiques : format A4 ; 320 pages ; entièrement en couleurs.
Paru en janvier 2010
Voir quelques photos ci-dessous

A commander chez Jean-Claude Périquet, 3 hameau de Pierreville, 55400 Gincrey
jclaude.periquet@gmail.com
Tél : 06 82 88 81 20
Prix : 45 euros + 15 euros de port et emballage

     
     
     
     


 
Attention : l'élevage de certaines espèces de faisans est réglementé : se renseigner auprès des services préfectoraux de son département.

La classification des faisans
Ces oiseaux font partie de l'embranchement des Vertébrés, de la classe des Oiseaux, de l'ordre des Galliformes ou Gallinacés, de la famille des Phasianidés, de la tribu Phasianini.
L'ordre des Gallinacés ou Galliformes comprend la plupart des volailles non aquatiques, comme les coqs, les faisans, les pintades, les dindons, les paons, les perdrix, les cailles...
Leurs caractères communs sont : oiseaux de taille moyenne, corps ramassé, petite tête, tarses moyens, ailes arrondies (ces 2 derniers caractères font que les Gallinacés sont souvent meilleurs marcheurs que voiliers), bec fort et crochu, ongles robustes (les Gallinacés sont considérés comme des oiseaux gratteurs), 4 doigts (3 en avant et 1 vers l'arrière) ; ergots sur les tarses et divers appendices sur la tête, surtout chez les mâles.
En général le dimorphisme sexuel est très accentué, c'est-à-dire que le mâle est très différent de la femelle, surtout au point de vue du coloris. La femelle a souvent une livrée terne et le mâle un plumage resplendissant.
Les jeunes naissent avec un duvet et sont capables de se déplacer et de se nourrir dès la naissance.
Les Gallinacés sont divisés en 5 familles : Phasianidés, Tétraonidés, Mégapodidés, Cracidés, Opisthocomidés. Les deux premières familles sont, de loin, les plus importantes.
Les Phasianidés sont généralement divisés en 2 tribus.
La tribu qui nous intéresse dans ce site comprend les faisans et assimilés : coqs, ithagines, paons, argus...
L'autre tribu regroupe les dindons, les pintades, les perdrix, les cailles, les colins, les francolins...
Certains scientifiques proposent d'autres classifications que celle-là. Beaucoup d'espèces ont changé de genre. Il faut dire que certains oiseaux ne sont pas faciles à classer : la première tribu regroupe des animaux comme l'ithagine, qui est plutôt une grosse perdrix, et le paon. Les classifications ne sont jamais simples ni définitives, elles évoluent suivant les auteurs, les époques et les progrès de la biologie.
Ces 16 genres peuvent être classés en 3 groupes. C'est une classification que j'ai imaginée ; elle considère les faisans suivant leurs formes et elle va des ithagines, les plus petits faisans, aux argus et aux paons, les plus gros. J'ai adopté cette progression dans ce site.
  • Les faisans trapus : les ithagines, les koklass, les tragopans, les lophophores, les oreillards.
  • Les faisans allongés : les gallo- faisans ; les coqs sauvages ; le faisan de Wallich, les faisans communs, les faisans à longue queue, les faisans à collerette.
  • Les faisans à ocelles : les éperonniers, l classés en 3 groupes. C'est une classification que j'ai imaginée ; elle considère les faisans suivant leurs formes et elle va des ithagines, les plus petits faisans, aux argus et aux paons, les plus gros. J'ai adopté cette progression dans ce site.
  • Les faisans trapus : les ithagines, les koklass, les tragopans, les lophophores, les oreillards.
  • Les faisans allongés : les gallo- faisans ; les coqs sauvages ; le faisan de Wallich, les faisans communs, les faisans à longue queue, les faisans à collerette.
  • Les faisans à ocelles : les éperonniers, les rheinartes, les argus, les paons, le paon du Congo.
    Les oreillards et gallofaisans qui ont une forme mi-trapue mi - allongée font bien la transition entre les 2 premiers groupes. De même, les faisans à collerette font la transition entre les 2 derniers groupes : la faisane Dorée étant très semblable aux éperonniers à queue bronzée. Les faisans, au sens habituel du terme, sont plutôt dans le deuxième groupe.
    De plus, cette classification est bien équilibrée : 5 à 6 genres par groupe.
    La grande majorité des faisans a été connue des naturalistes occidentaux au XIXe siècle. Voici le nombre de genres et d'espèces reconnues par quelques - uns des plus grands spécialistes du faisan et la date de leur publication : Linné (1758) : 3 genres et 7 espèces ; Temminck (1813) : 6 genres et 15 espèces ; Elliot (1872) : 12 genres et 63 espèces ; Magaud d'Aubusson (1888) : 13 genres et 63 espèces ; Ogilvie-Grant (1892) : 17 genres et 77 espèces ; Beebe (1931) : 19 genres et 66 espèces Peters (1934) : 21 genres et 50 espèces , Delacour (1983) : 16 genres et 49 espèces. Dans ce site, j'ai fait une classification comportant 16 genres (pas tout à fait les mêmes que Delacour) et 50 espèces (ci-dessous).
    La tribu des Phasianini ou faisans comprend 16 genres :
  • Ithaginis - les ithagines - 1 seule espèce (et 14 sous-espèces)
  • Pucrasia - les eulophes ou koklass - une seule espèce (et 10 sous-espèces)
  • Tragopan - les tragopans - 5 espèces :
    - tragopan Mélanocéphale
    - tragopan Satyre
    - tragopan de Blyth (2 sous-espèces)
    - tracopan de Temminck
    - tragopan de Cabot (2 sous-espèces)
  • Lophophorus - les lophophores - 3 espèces :
    - lophophore Resplendissant
    - lophophore de Sclater
    - lophophore de Lhuys
  • Crossoptilon - les faisans oreillards - 3 espèces :
    - hoki Brun
    - oreillard Bleu
    - oreillard Blanc (5 sous-espèces)
  • Lophura - les gallofaisans - 11 espèces :
    - faisan Argenté (14 sous-espèces)
    - faisan Impérial (sans doute un hybride)
    - faisan d'Edwards
    - faisan de Salvadori (2 sous-espèces)
    - faisan de Swinhoë
    - faisan Vo-Quy (sans doute une sous-espèce du faisan d'Edwards)
    - faisan de Bulwer
    - faisan Leucomèle ou Kalij (9 sous-espèces)
    - faisan à Dos de feu (3 espèces) : - erythrophthalma - faisan Noble (4 sous-espèces) - faisan Prélat
  • Gallus - les coqs sauvages - 4 espèces :
    - coq Doré (5 sous-espèces)
    - coq de La Fayette
    - coq de Sonnerat
    - coq vert de Java
     La tendance actuelle, suite à des études génétiques, est de ne plus placer les coqs sauvages avec les faisans
  • Catreus - une espèce :
    - faisan de Wallich
  • Phasianus - les faisans ordinaires ou communs - 2 espèces :
    - faisan de Colchide (31 sous-espèces)
    - faisan Versicolore (3 sous-espèces)
  • Syrmaticus - les faisans à longue queue - 5 espèces :
    - faisan d'Elliot
    - faisan de Hume (2 sous-espèces) :
    - faisan de Mikado
    - faisan Yamadori (5 sous-espèces)
    - faisan Vénéré
  • Chrysolophus - les faisans à collerette - 2 espèces :
    - faisan Doré
    - faisan de Lady Amherst
  • Polyplectron - les éperonniers - 6 espèces :
    - éperonnier à queue bronzée (2 sous-espèces)
    - éperonnier de Rothschild
    - éperonnier de Germain
    - éperonnier Chinquis (5 sous-espèces)
    - éperonnier Malais
    - éperonnier de Bornéo
    - éperonnier Napoléon
  • Rheinartia - les rheinartes - 2 espèces :
    - rheinarte d'Annam
    - rheinarte Malais
  • Argusianus - les argus - 1 espèce (3 sous-espèces)
  • Pavo - les paons - 2 espèces :
    - paon Bleu
    - paon Spicifère (3 sous-espèces)
  • Afropavo - 1 espèce:
    - paon du Congo.

    La répartition des faisans
    La légende nous dit qu'au retour de leur expédition en Colchide, à la recherche de la Toison d'or, Jason et les Argonautes, héros de la mythologie grecque, auraient rapporté le faisan des rives du Phase. La Colchide est une région de l'actuelle Géorgie, au sud du Caucase. Et le fleuve Phase, qui se jette dans la mer Noire, se nomme à présent Rion. L'existence de mines d'argent et d'or dans cette région est probablement à l'origine de cette légende de la Toison d'or. Phase et Colchide ont donné le nom de l'espèce la plus connue : Phasianus colchicus.
    Phase est également à l'origine du nom faisan en français, pheasant en anglais, Fasan en allemand, fagiano en italien, faisàn en espagnol...
    Cette légende témoigne de l'origine asiatique du faisan. L'aire de distribution des faisans atteint l'Europe vers le Caucase, mais tous les faisans vivent en Asie, à l'exception du seul paon du Congo, qui vit en Afrique. Les faisans communs de nos campagnes et les quelques faisans Vénérés de nos forêts ont été introduits à partir de sujets importés d'Asie.

    Le nom systématique
    Afin qu'il n'y ait point de confusion sur un animal, Linné, naturaliste suédois du 18ème siècle, a inventé un nom international : le nom systématique ou scientifique.
    Avec ce nom, un animal peut être déterminé sans ambiguïté ; ce qui n'est pas le cas avec les noms vernaculaires, c'est-à-dire propres à chaque langue, qui sont parfois fantaisistes et qui varient d'un pays à l'autre. Ce nom est formé de mots latins ou latinisés écrits en italique : le premier (avec une majuscule) pour le genre, le deuxième pour l'espèce ; un troisième mot peut être ajouté aux deux premiers lorsque l'espèce comprend des sous-espèces.
    Ces mots font référence à une particularité de l'animal, à son habitat, à son comportement. Enfin un quatrième mot, en écriture romaine, est ajouté : c'est celui du naturaliste qui a décrit le premier l'animal. Le nom du naturaliste est écrit entre parenthèses si l'espèce est aujourd'hui classée dans un autre genre qu'à l'origine. Il n'est pas toujours facile de trouver qui a décrit le premier un animal, c'est pourquoi il existe des noms systématiques dont le quatrième mot diffère suivant les auteurs ou les pays. Le nom du naturaliste est parfois abrégé (L. pour Linné, par exemple).
    Grâce à cette nomenclature internationale, l'animal est bien identifié.
    Voici un exemple :
    Chrysolophus amherstiae (Leadbeater) : le faisan de Lady Amherst.
    Chrysolophus (littéralement "huppe d'or", car il est classé avec le faisan doré) est le nom du genre : les faisans à collerette, amherstiae est le nom de l'espèce, donné en l'honneur de lady Amherst qui admirait beaucoup ce faisan et s'est efforcée, avec son mari lord Amherst, gouverneur anglais, de l'importer en Angleterre. Leadbeater est le nom du naturaliste qui l'a décrit de façon complète pour la première fois. Son nom est indiqué entre parenthèses, car ce faisan était autrefois classé dans d'autres genres : Thaumalea, Phasianus.

    Ci-dessous, une présentation des différents genres de faisans. Cependant, pour chaque genre, seule une espèce, la plus représentative, (ou parfois 2), est sommairement étudiée.

      Le genre Ithaginis :les ithagines
    En apparence, les ithagines ressemblent plus à des perdrix qu'à des faisans. Qu'ont-elles en commun avec nos perdrix de France ? Leur forme générale, leur façon de se tenir, la mue de la queue, qui se produit de l'intérieur vers l'extérieur, et un certain nombre de comportements. Les ithagines vivent en compagnie comme les perdreaux, les couples se formant au moment de la reproduction. Le nid est installé à terre dans une simple dépression. Ce ne sont pas de grands voiliers ; ils s'envolent, contraints, sur une faible distance et continuent à pied. Oiseaux peu bruyants, ils s'appellent quand même constamment, surtout quand la compagnie est dispersée.
    Cependant d'autres caractères et habitudes différencient les ithagines de nos perdrix et les rapprochent des faisans. Elles vivent à très haute altitude, prés des neiges éternelles, entre 3 500 et 4 500 m pendant l'hiver, plus bas en été, mais jamais en dessous de 2 000 m, dans les montagnes de l'Asie centrale (Népal, Tibet, Birmanie et Chine). Elles ont souvent été observées sur la neige. Leur habitat est la forêt (sapins, bambous, rhododendrons, fourrés ... ), d'où elles sortent pour se nourrir et où elles se perchent le soir pour dormir ; cela constitue une grosse différence avec notre perdrix qui est un animal de plaine.
    Leur régime alimentaire est surtout végétarien. La parade du mâle consiste en une danse autour de la femelle, ailes et queue déployées, huppe redressée et torse bombé.
    Les différentes sous-espèces d'ithagines sont semblables en forme et en dessins, mais varient par les couleurs. Mâle et femelle sont différents. Le plumage est souple et long, fortement lancéolé chez le mâle avec les bordures de certaines plumes déliées. Huppe, tour des yeux dénudé, queue de 14 plumes sont les principaux caractères communs. Les tarses du mâle sont garnis de 1, 2, 3, voire plus, ergots courts et irréguliers. Masse du mâle : 480 à 650 g ; de la femelle : 410 à 620 g.
    La plus connue est l'ithagine ensanglantée, appelée ainsi à cause de sa gorge tachetée de rouge carmin.


     Le genre Pucrasia : les faisans koklass ou eulophes
    Les koklass sont des faisans de montagne. L'altitude de leur habitat varie suivant la sous-espèce. Mais ils montent ou descendent suivant les saisons et le climat.
    Leur habitat préféré est constitué par les pentes abruptes recouvertes de conifères et de feuillus peu denses, avec des étendues d'herbes, des buissons et des bambous. Ils semblent rechercher les terrains rocheux, les grosses pierres et les éboulis. Ils volent bien et passent la nuit dans les arbres.
    La parade du mâle n'est pas très sophistiquée : c'est une danse latérale autour de la femelle, les plumes gonflées, les touffes latérales de plumes de la tête et la huppe en érection.
    Chez les koklass, il existe un dimorphisme sexuel important. La tête est emplumée. Ce sont des faisans de taille moyenne. Le mâle a une longue huppe (le mot "eulophe" signifie littéralement "bien huppé") et 2 longues touffes de plumes latérales ; la femelle présente également une huppe (plus courte), mais pas de touffes latérales. La queue formée de 16 plumes est effilée, les ailes pointues. La plupart des plumes sont lancéolées. Masse du mâle : 1,1 à 1,45 kg , de la femelle : 0,9 à 1,15 kg.
    Le plus connu est le koklass ordinaire.


    Le genre Tragopan : les tragopans
    Les tragopans sont de gros faisans, assez lourds. Si les femelles ont un plumage modeste à dominante brune, comme beaucoup de faisanes, en revanche les mâles possèdent une livrée magnifique, à dominante rouge, fauve, brun, noir, avec de nombreuses petites taches blanches ou grises. En plus, ils arborent une courte huppe, 2 cornes charnues (ils sont surnommés "faisans cornus") et une grande bavette ou caroncule sous la gorge. Tous ces ornements sont déployés lors de la saison amoureuse, ce qui ajoute encore à l'engouement des éleveurs pour cet oiseau. Lors de la parade, les 2 cornes charnues (qui normalement sont au repos) se dressent au-dessus de la tête et atteignent 5 à 8 cm. La caroncule (qui est invisible lorsque l'oiseau est au repos) se déploie sur la poitrine, sous l'impulsion d'un important flux sanguin, en faisant apparaître des couleurs brillantes.
    Voici une description de la parade des tragopans, telle que la donne le docteur Di Cristofaro dans un numéro de la revue Phoenix : "Ils tournent autour de la femelle avec un comportement majestueux en relevant les plumes du dos et abaissant une aile, montrant ainsi leur superbe manteau rouge ou jaune, maculé d'ocelles ; ils courent avec une grande excitation en érigeant leurs cornes ; ils distendent par saccades leur bavette membraneuse ; ils réalisent en un seul temps tous les actes précédents."
    Autres caractères distinctifs des trapogans : bec court et fort, ailes arrondies, queue assez courte formée de 18 plumes, tarses munis d'ergots courts mais forts. Les mâles acquièrent leur beau plumage d'adulte et sont aptes à se reproduire au cours de leur deuxième année.
    La nourriture des tragopans est essentiellement végétale : bourgeons, feuilles, baies, pétales de fleurs.... mais ils ne dédaignent pas quelques insectes.
    Leur habitat est la forêt de montagne, entre 1 000 et 4 000 m d'altitude, à la limite des neiges. Plus arboricoles que d'autres faisans, ils se nourrissent souvent dans les arbres et y établissent leurs nids. Ils n'hésitent pas à s'aventurer dans les forêts profondes. lls ne volent que lorsqu'ils y sont contraints.
    Les plus connus sont les tragopans Satyre et de Temmick.


    Le genre Lophophorus : les faisans lophophores
    Ce sont des oiseaux de montagne, habitués à vivre à des altitudes très élevées et ne craignant ni le froid ni la neige. Ils vivent dans les forêts de chênes et de conifères, parfois au coeur de la forêt, parfois en lisière. Ils sont sédentaires, mais ils changent d'altitude, comme tous les faisans de montagne, suivant la saison.
    Ils vivent souvent en groupes. La monogamie ne semble pas être une règle stricte chez ces faisans... Le mâle se désintéresse de l'élevage des jeunes.
    Oiseaux "piocheurs", ils cherchent leur nourriture pendant des heures (larves, vers, bulbes et racines) à l'aide de leur bec puissant et crochu, parfois jusqu'à 30 cm de profondeur ! En revanche, ils ne grattent pas le sol avec leurs pattes. Leur démarche est différente de celle des autres faisans : elle est brusque et saccadée. De plus, ils n'hésitent pas à voler. La parade du mâle pendant la période des amours est à la fois latérale et frontale.
    Le lophophore est un faisan qui a une forme particulière, assez lourde et trapue. Ses principales caractéristiques sont : bec long, fort et puissant ; tarses forts et courts ; ailes arrondies ; queue courte, large, aplatie, carrée, formée de 18 plumes. Le dimorphisme sexuel est accentué. La femelle est à dominante brun foncé, avec des taches et des rayures roux-fauve pâle ou blanches. Le mâle est paré de couleurs chatoyantes : bleu, violet, vert, rouge, cuivré... avec des reflets changeants et métalliques. Beaucoup d'éleveurs le considèrent comme le plus beau des faisans !
    Le plus connu est le lophophore Resplendissant.


    Le genre Crossoptilon : les faisans oreillards
    Les faisans oreillards sont des oiseaux originaires de Chine. Trois espèces sont connues : la Brune, la Bleue et la Blanche. Le mot Crossoptilon signifie "plumes à franges", expression qui fait référence aux plumes déliées de la queue de ces oiseaux.
    Le hoki Brun
    C'est probablement le seul oiseau qui a gardé, chez nous, le nom que lui donnaient les indigènes de Chine : "Ho-Ky", qui signifie "poule de feu". On le nomme aussi parfois oreillard Brun ou crossoptilon Brun. Le hoki Brun devrait être le seul à porter ce nom de hoki, car c'est la seule des 3 espèces ainsi nommée dans son pays d'origine. L'espèce Bleue est, quant à elle, nommée "Ma-Ky".
    Théoriquement, on devrait dire hoki Brun, oreillard Bleu et oreillard Blanc, mais l'habitude fait que l'on parle souvent de hoki Brun, hoki Bleu et hoki Blanc. Les appellations de crossoptilon Brun, crossoptilon Bleu et crossoptilon Blanc seraient plus exactes.
    Le hoki Brun vit dans les régions montagneuses et rocheuses du centre-nord-est de la Chine, parmi les buissons, les bois de pins et autres conifères, et les rochers. Comme beaucoup de faisans, il vit en groupes et les couples se forment au moment de la reproduction.
    Le hoki Brun est un faisan piocheur, c'est-à-dire qu'il se sert de son bec (à la manière d'une pioche) pour rechercher sa nourriture dans le sol : racines, bulbes, graines, vermines...
    Sa masse importante ne l'incite pas au vol, il préfère courir.
    L'oreillard Bleu
    "Ma-Ky", qui signifie "poule-cheval", était le nom donné par les Chinois à ce faisan. L'oreillard Bleu préfère en effet courir que voler et sa rapidité de course (identique à celle du cheval, disait-on) lui avait valu ce nom.
    Ses moeurs sont tout à fait semblables à celles du hoki Brun. Ses plumes étaient recherchées pour l'ornementation des chapeaux des "mandarins militaires", puis, après la révolution, pour celle des chapeaux des dames occidentales.
    L'oreillard blanc
    Dans la nature, l'oreillard Blanc se nourit comme les autres oreillards de bulbes et de racines, qu'il trouve avec son bec dans le sol, mais aussi de diverses baies. Il est monogame.


    Le genre Lophura : les gallofaisans
    Les Gallofaisans (ou faisans-poules) sont nombreux ; ils regroupent 11 espèces et de nombreuses sous-espèces.
    En général, ce sont des faisans assez forts, avec une queue ramassée. des caroncules sur la face, des tarses forts avec un éperon, des ailes arrondies. Les mâles sont colorés, tandis que les femelles sont à dominante brune. Certaines espèces sont huppées, mais aucune ne présente une collerette ou des faucilles.
    Le faisan Argenté
    Il vit sur les versants des montagnes, jusqu'à une altitude de 2000 m, dans les forêts denses de bambous et de buissons.
    Il semble que le faisan Argenté soit moins farouche que d'autres espèces. Il préfère courir que voler. Il n'est plus très abondant dans son habitat et il y a probablement plus de faisans Argentés dans les élevages que dans la nature.
    Les divers individus faisans Argentés rencontrés dans nos volières présentent parfois une grande variabilité, due sans doute à des restes de croisements entre les différentes sous-espèces. C'est un faisan d'assez forte corpulence, qui reste cependant élancé et élégant.

    Le faisan Swinhoë
    Il est originaire se l'île de Formose (aujourd'hui Taïwan) où il habite dans les forêts montagneuses à moyenne altitude.



    Le faisan de Bulwer
    Il préfère courir que voler. C'est vers avril qu'il commence à parader. Cette parade est d'ailleurs assez particulière en ce sens que ses caroncules se gonflent sous l'afflux de sang de manière spectaculaire.

    Le faisan Noble de Bornéo
    Comme leur nom l'indique, les faisans Nobles de Bornéo habitent l'île de Bornéo : le petit au sud de l'île ainsi que dans l'île de Bangka ; le grand au Sarawak et dans le nord de Bornéo. Ces faisans vivent dans des forêts chaudes (température moyenne de 28°C) et humides (hygrométrie proche de la saturation) de basse altitude. Ils sortent rarement à découvert. La parade du mâle ressemble à celle du faisan Argenté, avec des battements d'ailes.

  • Dans ce genre on connaît aussi : le faisan Impérial, le faisan d'Edwards, le faisan de Salvadori, le faisan de Vo-Quy, le faisan Prélat...




  • Le genre Gallus : Les coqs sauvages
    Pour tout savoir sur les coqs sauvages (qui ne sont plus classés avec les faisans), voir la rubrique :


    Le genre Catreus : Le faisan de Wallich
    Le faisan de wallich est le seul représentant du genre.
    Ce faisan vit dans l'Himalaya (nord de l'Inde, Népal et partie orientale du Pakistan jouxtant l'Inde). Il affectionne particulièrement les endroits difficiles d'accès : ravins, falaises et rochers où poussent des hautes herbes, des buissons et des arbres rabougris, entre 1200 et 3000 m d'altitude ; l'hiver, il descend plus bas.
    Il vole peu (son vol est lourd), ne se perche pas volontiers dans les arbres et préfère passer la nuit à terre. Pour chercher sa nourriture (racines, bulbes, vers ... ), il gratte le sol avec son puissant bec et ses pattes. Il est monogame, ce qui ne l'empêche pas de vivre en petits groupes. La parade du mâle n'est pas spectaculaire.


    Le genre Phasianus : Les faisans ordinaires
    LES FAISANS ORDINAIRES, appelés aussi faisans communs, faisans de chasse ou faisans des bois, forment le genre le plus important avec, selon Jean Delacour, 2 espèces et 34 sous-espèces, sans compter les mutations et tous les hybrides.
    Toutes les sous-espèces présentent des caractères communs :
    - queue longue, effilée, formée de 18 plumes avec des franges déliées ; la queue ne se déploie pas beaucoup horizontalement ; plumes centrales barrées, plumes de couverture courtes ;
    - ailes arrondies ;
    - présence chez le mâle, de chaque côté de la tête, d'une grande caroncule rouge ;
    - ni huppe, ni collerette ;
    - tête du mƒle vert métallique ;
    - tarses moyens, de couleur gris corne teinté de brun ; courts ergots chez le mâle ;
    - bec vert jaunâtre ;
    - femelles de couleur assez uniforme, le coloris dominant étant un brun sable marqué de noir et de fauve.
    Le biotope du faisan commun n'est pas la forêt profonde, ni la haute montagne, comme c'est le cas pour de nombreux faisans. Il préfère les zones découvertes avec des herbes, des roseaux, des buissons et des arbres isolés, à moyenne et basse altitude. On le trouve aussi à proximité de l'eau.
    En hiver, les faisans se tiennent en petits groupes. Le mâle est polygame et s'entoure de 2 ou 3 femelles durant la saison de reproduction. Sa parade est latérale : il tourne le cou, le dos et la queue du côté de la femelle et dresse les touffes latérales de sa tête. Son chant pourrait se traduire par "korrk-kok", un cri bref, rauque et strident qui s'entend de loin et trahit sa présence dans la nature. Ce cri est précédé et suivi de battements d'ailes vifs.


    Le genre Syrmaticus : Les faisans à longue queue
    ON DISTINGUE 5 ESPECES de faisans à longue queue : faisan d'Elliot, faisan de Hume, faisan de Mikado, faisans Yamadoris, faisan Vénéré.
    Ces faisans ont en commun plusieurs caractéristiques : pas d'ornements particuliers à la tête ; la queue (plate, étroite et allongée) est composée de 16 à 20 plumes et peut se déployer horizontalement lorsque les oiseaux sont excités : la paire de plumes centrales est plus longue que les autres (d'où le nom de faisans à longue queue).
    Le faisan Vénéré
    Le faisan Vénéré vit à l'origine dans les hautes collines boisées (entre 300 et 2000 m d'altitude) du centre et du nord de la Chine. Faut-il y ajouter les régions d'Europe (la France en particulier) et d'Amérique du Nord où cet oiseau a été introduit pour la chasse ? Je pense que non, car s'il s'y reproduit naturellement, on ne peut considérer qu'elles font partie de son biotope d'origine.
    Les moeurs du faisan Vénéré sont semblables à celles des autres Syrmaticus. Il vole très bien par rapport à d'autres faisans et la parade du mâle est simple : il fait gonfler les plumes de son cou et de sa queue, bat des ailes, mais surtout pousse de nombreux cris : c'est le plus bruyant des Syrmaticus.


    Le genre Chrysolophus : Les faisans à colerette
    Le faisan doré
    Le faisan Doré est originaire des montagnes de moyenne altitude du centre de la Chine, où il vit encore en nombre important.
    Bien que ce soit le plus populaire de nos faisans de volière, on ne connaît pas très bien son mode de vie dans la nature. C'est un faisan plutôt sédentaire. Il quitte chaque matin son abri nocturne à la recherche de sa nourriture et retourne se percher la nuit venue. Son habitat semble être constitué de biotopes lui permettant de se dissimuler (arbres, bambous, buissons ... ).
    Cet oiseau vole bien, mais il préfère souvent s'enfuir en courant.
    Le faisan Doré est connu depuis fort longtemps. L'historien grec Hérodote (484- 425 av. J.-C.) le décrit (fort mal) à partir de fresques égyptiennes.
    Le faisan doré a donné de nombreuses mutations dont le faisan Isabelle.
    Le faisan de Lady Amherst
    L'habitat du faisan de Lady Amherst jouxte celui du faisan Doré, en Chine. Il est cependant situé un peu plus au sud-est et les habitats de ces 2 faisans ne se mélangent pas.
    De plus, le faisan de Lady Amherst vit à une altitude plus élevée, entre 3000 et 4000 m, parfois jusqu'à 5000 m. Il est encore abondant. Il adore les massifs de bambous sauvages, dont il mange les bourgeons. Il ne redoute ni le froid ni la neige, mais quand ses points d'abreuvement sont gelés, il est obligé de descendre en plaine pour boire, après quoi il remonte aussitôt. En automne et en hiver, les faisans de Lady Amherst se regroupent en bande de 20 à 30 individus. Mais, dès la fin de l'hiver, chaque mâle choisit un territoire où il essaye d'attirer plusieurs femelles. Il vole plus volontiers que le Doré.



    Le genre Polyplectron : Les faisans éperonniers
    Le nom d'éperonnier ou celui de Polyplectron vient du fait que cet oiseau possède 2 ou 3 ergots à chaque tarse.
    Les éperonniers sont de petits faisans. Les mâles des espèces Napoléon et Bornéo ne mesurent que 50 cm (avec la queue), les plus grands ne dépassent pas 75 cm. Ils n'ont pas de caroncules, mais la peau de la face est plus ou moins dénudée. Certaines espèces portent une huppe et une crinière. La queue est longue, formée de 16 à 24 plumes. Les ailes sont arrondies, les tarses longs. Le coloris d'ensemble est assez terne, mais ce qui rend cet oiseau attractif, c'est la présence (sauf chez une espèce) d'ocelles chatoyants, comme chez le paon.
    C'est un animal calme, gentil et qui s'apprivoise facilement.
    Actuellement, on reconnaît 6 espèces d'éperonniers : à Queue bronzée, de Rothschild, de Germain, Chinquis, de Bornéo, Napoléon (ou de Palawan).


    Le genre Rheinartia : Les rheinartes
    Le genre Rheinartia ne comprend qu'une espèce, divisée en 2 sous-espèces :
    - Rheinartia ocellata ocellata (Elliot) : rheinarte d'Annam
    - Rheinartia ocellata nigrescens Rothschild : rheinarte Malais.
    Le rheinarte est un grand oiseau à la queue démesurée. Il s'apparente aux argus par plusieurs de ses caractères, mais il a été jugé assez différent pour être classé dans un genre à part.
    Le mâle n'acquiert sa grande queue qu'à l'âge de 3 ans. Elle s'accroît à chaque mue pour atteindre son maximum à l'âge de 5 ou 6 ans.
    Cet oiseau habite les forêts épaisses et humides de basse et moyenne altitude, où il est difficile à observer. La parade du mâle est du type latéral, sa queue très comprimée ne lui permet pas de faire la roue. Il possède une arêne de parade comme l'argus. La femelle pond dans les arbres, 2 oeufs à chaque ponte (plusieurs pontes sont possibles chaque année), à partir de la troisième année. C'est une bonne mère, qui doit nourrir au bec ses jeunes pendant les premiers jours.


    Le genre Argusianus : Les argus
    Le genre Argusianus comprend une espèce divisée en 2 sous- espèces :l'argus Géant et l'argus de Gray , auxquelles, il faut peut-être ajouter une troisième sous-espèce :l'argus Biponctué (qui n'est connu que par un fragment de plume !).
    Les argus habitent les régions rocailleuses et sèches des grandes forêts de basse et moyenne altitude (jusqu'à 1 200 m). Ils sont difficiles à observer malgré leur grande taille.
    La nourriture de l'argus se compose de fruits, graines, larves, fourmis, etc. Il consomme peu de verdure, semble-t-il.
    Mâle et femelle vivent la plupart du temps isolés. Le mâle passe le plus clair de son temps aux alentours de son arêne de parade : un emplacement circulaire de 1 à 1,30 m de diamètre, déblayé de toutes feuilles et brindilles et piétiné de nombreuses fois, généralement situé sur un sommet ou un promontoire d'un versant. Les femelles sont attirées par la parade et les cris du mâle.
    L'argus Géant est un grand faisan (le mâle mesure de 1,7 à 2 m) qui présente une huppe et une crinière ; les rémiges secondaires des ailes et les plumes centrales de la queue sont très développées, les rémiges primaires très dessinées.


    Le genre Pavo : Les paons
    Le genre Pavo, qui regroupe les paons asiatiques et ses dérivés, comprend 2 espèces :
  • - Pavo cristatus Linné : paon Bleu. Cette espèce a donné 3 mutations et un hybride fixé :
    - le paon Blanc
    - le paon Panaché
    - le paon Nigripenne
    - le paon Spalding.
  • - Pavo muticus, le paon Spicifère, comprenant 3 sous-espèces.
    Le paon du Congo fait, quant à lui, partie du genre Afropavo.
    Les paons sont des oiseaux de basse et moyenne altitude ; ils vivent jusqu'à 1 000 m, rarement plus. Ils apprécient les espaces découverts : arbres isolés avec buissons, bordures des cours d'eau, proximité des cultures. Les troupes sont composées d'un mâle et de plusieurs femelles, parfois accompagnées de quelques jeunes.
    Le paon Bleu, appelé parfois paon Indien ou paon Royal, est originaire de l'Inde et de l'île de Ceylan (actuel Sri Lanka). Il lui arrive de fréquenter les villes, les villages et les temples, où il est nourri par la population locale. C'est l'oiseau national de l'Inde et il n'est pas en danger d'extinction.
    Les paons Spicifères
    Le nom Spicifère, qui signifie littéralement "porte-épi", est dû à la forme de la huppe de ce paon qui ressemble à un épi, par opposition à celle du paon Bleu qui est disposée en éventail.
    Le nom systématique muticus signifie "muet" : cette espèce n'est en fait pas muette, mais ses cris sont nettement moins désagréables que ceux du paon Bleu. Beaucoup de naturalistes considèrent le paon Spicifère comme étant encore plus beau et majestueux que le Bleu. On l'appelle aussi paon Vert pour le démarquer de son cousin le paon Bleu.
    Les Spicifères ont les mêmes moeurs et habitudes que les Bleus. Ils sont peut-être plus farouches, car ils ne sont pas protégés comme en Inde. La sauvegarde de ce bel oiseau dans son milieu naturel devient urgente.
    Voir un très beau site sur les paons spicifères : http://pagesperso-orange.fr/spicifere/


  • Le genre Afropavo : Le paon du Congo
    Le genre Afropavo ne comprend qu'une seule espèce, Afropavo congensis Chapin : le paon du Congo.
    La découverte de cet oiseau date du 20ème siècle. C'est un fait assez rare pour un si gros oiseau , mais ce qui est encore plus étonnant, c'est que son habitat est l'Afrique. C'est donc le seul faisan ni ne soit pas asiatique.
    Les paons du Congo aiment bien se percher et semblent faire leur nid en hauteur dans les arbres. La végétation sombre est leur lieu favori. La femelle est fertile à 1 an et le mâle à 18 mois.
    Le paon du Congo, plus petit que ses cousins asiatiques, s'en distingue par plusieurs points importants : forme de la huppe, absence de traîne et d'ocelles. Il est aussi beaucoup plus petit : le mâle mesure de 64 à 70 cm et pèse de 1,3 à 1,5 kg.