Les cygnes


Attention : l'élevage de certaines espèces d'anatidés est réglementé (en particulier celui des cygnes) :
se renseigner auprès des services préfectoraux de son département.



Les différents cygnes
 Les cygnes sont des oiseaux de grande taille, au corps volumineux, au cou sinueux, flexible et très long. Les pattes, assez courtes, sont placées en arrière du corps, ce qui leur confère une démarche lourde sur terre contrastant avec leur allure sur l'eau. Le bec est épais à la base, aplati à l'extrémité.
Un seul fait partie du genre Coscoroba, les autres sont du genre Cygnus.
Quant à la répartition géographique, trois cygnes ont leur habitat en Eurasie (les cygnes tuberculé, sauvage et de Bewick), deux cygnes en Amérique du Nord (les cygnes siffleur américain et trompette), deux cygnes en Amérique du Sud (coscoroba et à cou noir) et un en Australie (le cygne noir).
Les cygnes sont pratiquement végétariens. Le mâle et la femelle ont un plumage identique mais la femelle est un peu plus petite. Ils sont aptes à reproduire à l'âge de trois ans et sont monogames.
Les cygnes volent et doivent donc être éjointés en élevage.
Evitez de mettre plusieurs mâles ensemble, ils ne se supporteraient pas. Les cygnes sont souvent agressifs envers les autres palmipèdes, en particulier les oies, et même parfois envers les gens.



Le cygne tuberculé

       
Buffon disait du cygne : "Les grâces de la figure, la beauté de la forme répondent, dans le cygne, à la douceur du naturel ; il plaît à tous les yeux, il décore, il embellit tous les lieux qu'il fréquente ; on l'aime, on l'applaudit, on l'admire ; nulle espèce ne le mérite mieux..."
Les cygnes tuberculés des photos suivantes vivent en liberté sur les fleuves et lacs (de Suisse).
C'est le plus connu de tous les cygnes. Il vit à l'état semi-domestiqué sur nos lacs, nos étangs et dans nos jardins publics.
Son nom systématique est Cygnus olor (Gmelin). Je rappelle que Cygnus est le genre, olor l'espèce, et que c'est Gmelin qui l'a décrit le premier ; comme il ne l'avait pas classé comme on le fait actuellement, son nom figure entre parenthèses.
La petite histoire raconte que c'est Richard Coeur de Lion qui, de Chypre, rapporta le premier cygne tuberculé. Il devint alors l'hôte de toutes les cours d'Europe. Louis XIV en fit mettre sur la Seine. En 1750, Salerne écrivait à son propos : " Cet oiseau était autrefois plus à la mode qu'il n'est aujourd'hui. On en voyait la rivière de Seine presque toute couverte, tant au-dessus qu'en dessous de Paris, témoin l'île Maquerelle, qu'on a nommé l'île aux Cygnes, à cause de la quantité de cygnes qu'on y nourrissait ; mais aujourd'hui il n'y en a plus."
Déjà domestiqué avant le XIIème siècle en Angleterre, il y niche même depuis peu à l'état sauvage. Il niche également dans le nord-ouest de l'Europe (dont la France), la Russie, l'Asie Mineure, l'Iran, le Turkestan et la Mongolie. Il hiverne jusqu'en Afrique du Nord, en Inde, en Corée et sur la mer Noire. Il peut peser jusqu'à 20 kg en élevage et son envergure peut atteindre plus de 2 m. Le plus grand spécimen domestique connu est le cygne "guardsman", mâle mort en 1945 à Abbotsbury en Angleterre : il mesurait 3,66 m d'envergure ! Le plumage du cygne tuberculé est entièrement blanc, son bec est orange surmonté d'une caroncule noire. On l'appelle aussi cygne muet, car il n'émet que quelques soufflements disgracieux.

Les particularités d'élevage

Ne vous lancez pas dans l'élevage du cygne si vous ne pouvez pas lui offrir un plan d'eau et un vaste parcours herbeux. En effet, les cygnes sont pratiquement végétariens. La profondeur du plan d'eau doit être d'au moins 60 cm et sa surface d'au moins 30 m2. Une petite cabane peut servir à la confection du nid.
Le mâle reste fidèle à sa femelle et monte la garde devant le nid pendant qu'elle couve. Les jeunes, de la naissance jusqu'à l'âge d'un an, ont un plumage grisâtre. Ils sont ensuite chassés par le mâle.
Ils vivent fort longtemps, à tel point que, au XVIème siècle. Olivier de Serres écrivait (de façon exagérée) : " Le cygne est de fort longue vie ; s'en voyant en certaines bonnes maisons de France, y avoir demeuré plusieurs générations. "
     
 
Les cygnes sont souvent agressifs envers les autres palmipèdes, en particulier les oies, et même parfois envers les gens. Ils s'accordent mieux avec les petits canards qui ne sont pas considérés comme des rivaux. Sonnini nous rapporte l'observation, en 1775, d'un professeur allemand, un certain Titius qui "fut témoin d'une lutte très animée entre un cygne fort colère et un cheval fort paisible, et qui n'avait d'autre tort, aux yeux de son cheval paressait aux environs d'un étang que décorait le cygne, modèle de grâce et de fierté ; il y entra près de l'oiseau, qui s'élança aussitôt sur lui et lui donna des coups d'ailes si violents aux jambes, qu'il en resta boiteux pendant longtemps ; il eût même succombé dans cette attaque, sans le secours de quelques hommes qui vinrent le délivrer de son adversaire ".
Le cygne a souvent été cité par les poètes et mis en musique par les compositeurs. Les différentes espèces ont des cris spécifiques. Le " chant du cygne " est le chant mélodieux attribué au cygne sur le point de mourir ; c'est également une expression imagée utilisée pour désigner la dernière oeuvre d'un artiste.Autrefois, on utilisait le duvet du cygne pour la confection des houppes à poudre, le remplissage des coussins et la fabrication de " fourrures " destinées à orner les manteaux. Les Romains et les seigneurs de jadis le servaient dans les festins, probablement plus comme plat de parade que comme plat de choix car sa chair n'est pas très bonne.


   


Pour plus de renseignements, voir l'ouvrage ci-dessous

Les anatidés d’ornement
Auteur : Jean-Claude Périquet.
Éditeur : Club de la volaille Meusienne.
Date de parution : avril 2018.
Nombre de pages : 896.
Format : A4.
Masse : près de 3 kg.
La grande encyclopédie des anatidés d’ornement : cygnes, oies, ouettes, bernaches, canards, sarcelles... Ouvrage exhaustif, décrivant même quelques espèces disparues.

Première partie : l’élevage.
Deuxième partie : les espèces. Pour chaque espèce, sont indiqués : nomenclature, description, biographie des descripteurs, habitat, effectifs, moeurs...
Avec de très nombreuses illustrations en couleurs : sans doute plus de 1000.
Ouvrage tout à fait nouveau par rapport à celui paru il y a quelques années.
Prix : 80 euros + participation au port et à l'emballage : 15 euros (colissimo tranche des 5 kg).
A commander chez Jean-Claude Périquet, 2 et 3 hameau de Pierreville, 55400 Gincrey.
jclaude.periquet@gmail.com

Quelques photos ci-dessous